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LE ROYAUME DE FRANCE.
France (c’est-à-dire de celui qui conserva d’une façon toutespéciale le nom franc), la plus grande partie du territoirequi composa dans la suite le gouvernement d’Orléans, plusquelques fiefs éloignés relevant immédiatement du roi. Dece domaine dépendaient les comtés de Clermont, de Dreux,de Moulins, de FaZois et du Gatinais, dont l’importance(historique est très grande; il était traversé par deux desgrands fleuves de la Gaule, la Seine et la Loire, mais le roiétait complètement séparé de la mer par les grands feuda-taires qui commandaient leur cours inférieur.
La côte de la Manche appartenait aux princes de Breta-gne, de Normandie et de Flandre, et le petit comté de Pon-thieu, situé entre les possessions du duc de Normandie et ducomte de Flandre, rendait hommage tantôt à l’un et tantôtà l’autre. La côte de l’Océan appartenait aux princes deBretagne, de Poitou, d’ Aquitaine, et de Gascogne (le Poi-tou et l’Aquitaine dépendant d’un même prince). La petitepartie de la côte méditerranéenne qui dépendait nominale-ment du royaume occidental appartenait aux comtes deToulouse et de Barcelone.
Parmi les grands feudataires, les princes de Flandre, deBourgogne, de Normandie et de Champagne étaient tousvoisins immédiats du roi. A l’ouest du domaine royal setrouvaient différents états de second rang qui jouèrent unrôle considérable dans l’histoire de France et de Norman-die. Il y avait parmi ces états les comtés de Chartres et deBlois, qui se trouvèrent momentanément réunis à la Cham-pagne (1125-1152); au delà, et à côté de comtés de moin-dre importance, il y avait l'Anjou et la Touraine, réunisen 1044, et le Maine, le grand pays frontière de la Norman-die et de la France. Ainsi entourés par leurs propres vas-saux, les premiers rois de la maison de Paris eurent bienmoins de rapports avec les états situés en dehors deleur royaume que leurs prédécesseurs carolingiens, et avantde devenir l'une des grandes puissances de l’Europe, ilsavaient à devenir les maîtres de la Gaule