LE ROYAUME IDE FRANCE.
ensemble. Napoléon ne prononça jamais ouvertement l'incor-poration de l’Espagne ou de la totalité de l'Italie et de l'Al-lemagne à son empire. Il se contenta d’en laisser de gran-des parties dans un état de dépendance formelle, entre lesmains de princes qui n'étaient que ses esclaves, ou à desétals qu'il jugeait beaucoup trop affaiblis pour une résis-tance ultérieure.
Une grande partie de VAllemagne, fut incorporée à laFrance, une partie également considérable fut placée soussa protection ou sa dépendance, mais les souverains natio-naux de la Prusse et de l’Autricbe en conservèrent uneautre assez notable. En Italie, tout ce qui ne fut pas incor-poré appartint, en partie au conquérant, sous un autre titre,en partie à un prince de sa famille. Ce dernier cas fut celuide l 'Espagne. Jusqu’à sa rupture finale avec la Russie, l’idéede Napoléon semble avoir été de partager avec elle ladomination de l’Europe, de faire une sorte de résurrection,sur une plus grande échelle, des empires d'Orient etd’Occident. Le potentat occidental eut soin de se réserverpartout dans son propre monde une influence dominante;mais c’était dans tous les cas la volonté du conquérant quidécidait si tel territoire devait être incorporé ou restitué,rendu dépendant ou bien donné à quelqu'un de sa familleou de ses favoris.
Situation de l’Europe en 1811. — Un coupd'œil sur la carte de l'Europe, à la fin de 1811, nous mon-trera jusqu’à quel point de tels projets furent près d'êtreexécutés. A son origine, l'empire français comprenait l’éten-due de la France d'avant la Révolution, augmentée de cesconquêtes de la République qui lui donnèrent la frontièredu llbin depuis Bâle jusqu’à Nimègue. Au delà de ces li-mites, les anciennes.Provinces-Unics, avec toute la côte océa-nique de l’Allemagne jusqu'à l'Elbe, ainsi que les villes deBrème, Hambourg et Lubeck, furent incorporées à la France.La France s’étendit alors jusqu’à la Baltique, et comme leHolstein faisait à ce moment partie du Danemark, la France