378
L’EMPIRE D ORIENT.
comprenait au moins la totalité de sa côte orientale, furentrendues à l’autorité impériale pendant quelques années(3 058-1042).
Tandis que la Sicile était ainsi perdue pied à pied, la do-mination impériale faisait des progrès dans la partie ducontinent italien la plus proche. Bari fut reprise aux Sarra-sins (871) grâce aux efforts combinés des deux empires,mais ce fut l’empereur d'Orient qui en conserva la possessiondurable. A la fin du neuvième siècle, l’empire d'Orient pré-tendait avoir la possession directe, ou au moins la suzerai-neté de toute l’Italie située au sud de Gaëte. L’étendue de ladomination impériale fut constamment variable. Il n’v tutpeut-être aucun moment où le pouvoir des empereurs fûtréellement établi sur toute cette région ; mais il n’y eut peut-être pas une seule de ses parties qui, à un moment ou à unautre, ne reconnût la suzeraineté impériale. La côte orien-tale, avec le talon et la semelle dans un sens plus étenduqu’auparavant, devint une possession réelle et solide, tandisque la fidélité de Bénévent, Capoue et Salerne fut toujourstrès précaire. Quant à Naples, Gaële et Amalfi, quelquenominale que pût être leur fidélité, ces villes ne la mécon-nurent jamais formellement.
Ainsi, au commencement du neuvième siècle, les empereursd’Orient possédaient toute la Sicile avec quelques parcellesde territoire sur la terre ferme voisine. Au commencementdu onzième siècle, l’ile était complètement perdue, tandisque la domination sur la terre ferme était considérablementagrandie. Dans le cours du 'onzième siècle, des nouveauxvenus, les Normands d’Apulie, conquirent les possessionsitaliennes de l’empire, reprirent la Sicile aux Musulmans etfirent même des conquêtes aux dépens de l’empire, à l’est del’Adriatique. Ainsi se forma le royaume de Sicile, dont nousdécrirons les progrès avec ceux des états qui s’élevèrent surles ruines de l’empire.
Fluctuations dans les Iles de Crète et deChypre (708-1191). — Les grandes îles de la Médi-