L’EMPIRE D’ORIENT.
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lu nom de Calabre, qui jadis appartenait au talon. Naples,Gaëte et Amalfi étaient des villes italiennes détachées, appar-tenant à l’empire. Venise, qui ne pouvait guère être regardéecomme une ville italienne, en dépendait également.
Dans le cours du neuvième siècle, la puissance impérialediminua dans les îles, mais augmenta sur le continent.L'histoire de la Sardaigne est tout à fait obscure; elle semblecependant avoir été enlevée à l'empire au commencement duneuvième siècle. Quant à la Sicile, elle fut conquise pied àpied par les Sarrasins d’Afrique au cours d’une lutte qui duracent quarante ans. Âgrigente, faisant face à la côte africaine,tomba la première (827); Palerme, jadis capitale du gouver-nement phénicien, devint plus tard la nouvelle capitale sé-mitique (851). Messine, sur le détroit du même nom, subitbientôt le même sort (842). Mais la côte orientale de l’ile,celle qui était la plus complètement grecque, résista biendavantage, et avant qu’elle fût conquise à sou tour, Malte,l’appendice naturel de la Sicile, avait passé aux Sarrasins (869),Syracuse, la capitale chrétienne, ne tomba que cinquanteans après la première invasion (878) ; et enfin, il fallut encoreprès de quatre-vingt-dix ans pour que l’extrémité nord-estde l’ile passât sous la domination musulmane. Tauromeniuniou Taormma, placée au sommet, dut être prise deux fois dansle cours du dixième siècle (902 et 963), et le simple fort deRametta, dernier boulevard de la chrétienté orientale enOccident, résista encore plus longtemps (965). La chrétientéorientale faisait à cette époque de grands progrès sur l'Islam,en Asie; mais la plus grande des îles méditerranéennes n’enpassa pas moins de la chrétienté à l’Islam, de l’Lurope àl'Afrique, et un peuple parlant la langue grecque fut séparéde l’empire, qui devenait de plus en plus grec.
Cependant, la domination complète et ininterrompue desmusulmans en Sicile fut de courte durée. Les droits impé-riaux ne furent jamais oubliés, et, au onzième siècle, ilsfurent de nouveau renforcés. Grâce aux exploits de GeorgesManiacès, Messine et Syracuse, avec une partie de File qui