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n'avait été si complètement européenne. Et il n’était nulle-ment extraordinaire qu'aux yeux de l'Occident l'empire deRomanie commençât à apparaître comme un royaume deGrèce.
Conquêtes des premiers Comnène (1097-
1168). — Nous parlerons à un autre inoment des étatsfondés par les Croisés. Les croisades ne nous intéressent quedans la mesure où elles favorisèrent la nouvelle renais-sance du pouvoir impérial sous la maison de Comnène.Alexis reprit JSice'e et les autres grandes villes de l’AsieMineure occidentale. Quelques-unes d'entre elles, telles queLaotlicée, entrèrent dans l’empire plutôt comme cités libresque comme simples sujettes. Sous les règnes de Jean et deManuel Comnène, l'empire fit des conquêtes à la fois dansles deux continents. Le Turc resta maître des parties inté-rieures de l’Asie, mais il dut reculer sa capitale de Nicée àIconium (1097). Antioche et XArménie cilicienne furentreplacées sous la suprématie impériale, ainsi que la Servieen Europe (1157). La Hongrie elle-même dut céder Zeugmin,Sirmium et toute la Dalmalie (1148). Pendant un moment,l’empire posséda de nouveau toute la côte orientale del’Adriatique et ses îles; Ancône même, sur la rive occiden-tale de cette mer, devint comme une dépendance de l’em-pereur d’Orient (1163-1168).
Pertes de la Dalmatie (1181), de Chypre(1193), de la Bulgarie (1187). — Les conquêtesde Manuel étaient évidemment trop grandes pour la forceréelle de l’empire, et quelques-unes furent immédiatementperdues. La Dalmalie fut abandonnée, et Venise et la Hongries'en disputèrent la possession. La tendance qu’avaient cer-tains pays à se détacher de l’empire reçut une impulsionplus grande à mesure que les idées féodales de l'Occidentfirent des progrès : Chypre, Trébizonde, l’ancienne Grèceelle-même, tombèrent aux mains de princes qui étaientplutôt des vassaux féodaux que des gouverneurs romains.Nous avons déjà vu comment Chypre se sépara de cet cm-