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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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L’EMI’IRE D’OllIENT.

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alla progressivement en s’éteignant. Mais avant cette époque,le pouvoir des Turcs était complètement établi dans la péniu-sule de l'Asie Mineure. Les pillards étaient devenus conquerants, et la bataille de Manzikert (1071) lut pour eux lepoint de départ de cessions formelles et de nouveaux progrès(1074). Dans toute l’étendue de l’Asie Mineure, l’empireconserva tout au plus le littoral, et la masse intérieure dupays devint turque. Le nom romain cependant ne disparutpas complètement, car les envahisseurs prirent le nom desultans de Roum (1081). Leur capitale fut placée à Nicée,position qui n’était pas sans être menaçante pour Constan-tinople. Mais l’empire conservait encore des dépendanceséloignées, telles que Trébizonde et Antioche ; cette dernièreville pourtant tomba bientôt par trahison au pouvoir desTurcs (1081).

Vers la même époque, un nouvel ennemi vint attaquerl'empire dans sa péninsule européenne. Les conquérantsNormands de l’Apulie et de la Sicile traversèrent l’Adriatiqueet prirent divers points, à la fois dans les îles et sur laterre ferme, particulièrement Dyrrhachium ou Diirazzo etl'ile de Corcijre, appelée, à celte époque, d’un nouveau nomgrec, Koryphô ou Corfou (1081-1085).

(L’empire à la Un du onzième siècle. — Surtoute l’étendue de sa frontière, l’empire se trouvait, vers lalin du onzième siècle, avoir complètement perdu la magni-fique position qu’il avait au commencement de ce mêmesiècle. L’empire présentait maintenant, géographiquement,un aspect tout à fait opposé à celui qu’il avait aux huitièmeet neuvième siècles. Sa principale force semblait alors rési-der en Asie, car ses possessions en Europe étaient réduitesaux côtes et aux îles, tandis que sa péninsule asiatique ré-sistait fermement, traversée seulement par des ravages pas-sagers. Maintenant, c’était en Asie qu’il ne restait plus queles îles et les côtes, tandis que la grande péninsule euro-péenne restait intacte dans la plus grande partie de sonétendue. Jamais, auparavant, la principale force de l’empire