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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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L'EMPIRE D’ORIENT.

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Les étals yrecs qui se séparèrent de l’empire avant la con-quête latine ou à l’époque de cette conquête, et qui ne furentpas recouvrés par les empereurs grecs de Nicée et deConstantinople, forment un autre groupe. Ces deux groupesd’états appartiennent strictement à la chrétienté orientale. LaHongrie catholique régnant sur des Slaves orthodoxes formeun trait d’union entre l’Orient et l’Occident, et l’on peut endire autant des Slaves qui appartiennent à l’Église latine.

Nous retrouvons un autre trait d’union dans un troisièmegroupe d'états, ceux-ci composés de ces parties de l’empirequi, soit au moment de la conquête latine, soit avant, pas-sèrent sous la domination des Latins. Cette classe, en effet,11e comprend pas seulement les états francs de Ilomanie, oules points occupés en Orient par Venise et par Gênes; ànotre point de vue, il comprend aussi le royaume normandde Sicile et le royaume des croisés de Jérusalem, avec sestiefs. Dans tous ces cas, nous voyons passer sous la domi-nation latine des territoires qui avaient fait partie de l’empired’Orient, et des conquérants latins régnant sur des peuplesétrangers, Grecs, Slaves, Syriens ou autres. Aucun de cesétats latins n’était un état national, comme l’étaient lesétats slaves ou môme les états grecs. Du moins les maî-tres étrangers de ces pays étaient européens et chrétiens.

Le dernier groupe d’états comprend au contraire ceux quiétaient complètement en dehors de la civilisation européenneet chrétienne. De ce nombre sont les dynasties turques quis'élevèrent dans l’empire ; mais parmi elles, la dernière etla plus grande, celle à'Olhman, devint seule géographique-ment européenne. Sa domination s’étendit sur presque tousles pays qui avaient appartenu à l’empire en Europe, etsur beaucoup d’autres qui n’en avaient jamais fait partie.Une pareille domination n’a nullement le caractère d’unétat national, elle est celle de l’Asiatique sur l'Européen, duMusulman sur le Chrétien. Plus tard, cette anomalie dispa-raîtra en partie, et dans le siècle actuel nous verrons lerétablissement d’états indépendants, grecs et slaves.