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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LA HONGRIE ET LES PRINCIPAUTÉS ROUMAINES. 451

Moldavie. — C’est en effet une pure légende 1 2 que cellequi nous montre le nom de la langue de l’ancienne Romese maintenant au nord du Danube. Il faut se ranger tout àfait à cette opinion que la Roumanie actuelle, ainsi que lespays roumains situés au delà de ses limites, doivent leur po-pulation et leur langue à une émigration de Roumains venusdes pays situés plus au sud. La population roumaine ouvalaque, disséminée sur bien des points au milieu des Grecs,des Slaves et des Albanais, depuis la chaîne du Dinde jus-qu’au Danube, a bien gardé sa nationalité distincte, maiselle n’a jamais formé un tout politique. En émigrant aunord du Danube, les Roumains purent avec le temps fonderdeux principautés distinctes, et former l’élément principaldans la population d’une troisième. Avant le treizième siècle,il est impossible de trouver trace de populations- roumainesau nord du Danube. Ce sont les événements survenus ence siècle qui ouvrirent la voie à une émigration au reboursde toutes les autres, à la colonisation de pays situés eudehors de l’empire par des peuples qui étaient les plusanciens sujets de l’empire.

Nous avons vu que le troisième royaume bulgare, celuiqui se forma à la fin du douzième siècle, était, à son origine,autant roumain que bulgare. A cette époque, la dominationdes Petchénègues, au delà du bas Danube, avait fait place àcelle des Cumans-, qui appartenaient à la même famille.C’est alors que le flot de l’invasion mongole, qui renversamomentanément la Hongrie, vint briser pour toujours lapuissance cumane ( 1223 ). Tout ce qui resta de cette nationcumane se réfugia dans le royaume magyar, et donna mêmeà son chef un autre titre encore, celui de roi de Cumanie.

L’ancien pays des Cumans se trouva alors ouvert à denouveaux occupants, et les habitants roumains ou valaques

1. Le livre de Roesler, Românische Studien a complètement éclairci ce point,et je ne puis penser que ses arguments soient détruits par la réponse de Jung,Romcr und Romanen in den Donaulandern . Inspruck, 1877. {Note de l’auteur.)

2. Voir page 501.