E’EMI'IKE OTTOMAN.
4G.~>
grecque de Chypre est placée maintenant sous l’autorité del’Angleterre (1878), mais de telle façon, que la conquête deRichard de Poitou est possédée — non pas, il faut l’espérer,par la reine de la Grande-Bretagne et d’Irlande, mais peut-être par l’impératrice des Indes, — comme état tributairedu sultan des Ottomans.
Pendant la première moitié du dix-huitième siècle, les va-riations du territoire ottoman vers le nord furent toutes ducôté de l’Autriche et de la Hongrie. Mais uu nouvel ennemides Turcs apparut vers la fin du dix-septième siècle ; et ledix-huitième n’était pas terminé qu'il s’était déjà posé vis-à-vis d'eux comme le plus redoutable. SousPierre le Grand, Azoffut prise par la Russie (1696), puis reperdue par elle (1711bSoixante ans plus tard, de grands changements eurent lieudans cette région. Par le traité de Kainardji (1774), le khanalde Crimée (comprenant l’ancienne Chersonèse Taurique etles pays avoisinants) fut affranchi de la suprématie des sul-tans. C’était là un acheminement naturel vers son annexionà la Russie (1783), qui se fraya ainsi une nouvelle voie versle Pont-Euxin. Le Bug devint alors la frontière ; après l'an-nexion d'Oczakof et du Jédisan à la Russie (1791), cettefrontière fut reportée jusqu'au Dniester.
Par le traité de Bucharest (1812), la limite de la domina-tion et de la suzeraineté des Turcs recula jusqu’au Pruth etau bas Danube. La Russie acquit ainsi la Bessarabie et lapartie orientale de la Moldavie. Par le traité d’Andrinople(1829) elle acquit en outre les îles situées à l’embouchuredu Danube. Le traité de Paris (1836) rendit à la Moldavieune petite partie des pays cédés par le traité de Bucharest,de manière à éloigner du Danube la frontière russe. Le traitéde Berlin (1878) rendit ces pays à la Russie à l’exceptiondes îles. L’empire turc n’a plus désormais à se ressentir deschangements de frontière dans ces régions.
1. Voir pa^c 469
50