L’EUROPE DU NORD-EST APRÈS LE XV SIÈCLE.
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progrès presque équivalents. De même que les derniersSarrasins d’Espagne se maintinrent pendant plus de deuxcents ans sur le littoral de la Méditerranée, de même lesTartares de Crimée séparèrent aussi longtemps les Russesde la mer Noire. Pierre le Grand arriva jusqu’à l’un desgolfes de cette mer par la prise d ’Azof. Mais cette nouvelleconquête fut seulement temporaire (1696-1711); au con-traire, soixante-treize ans après, le khanat de Crimée(Tauride) fut déclaré indépendant de la Turquie (1774), etun peu plus tard il fut incorporé à la Russie (1783). L’œuvreà laquelle les Mégariens et les Génois avaient travaillé étaitmaintenant accomplie ; la côte septentrionale du Pont-Euxinétait désormais acquise à l'Europe 1 . La route par laquelletant de nations touranieunes avaient envahi le continentaryen fut barrée pour toujours. Quelques années plus tard,eut lieu la conquête du Jedisan sur les Turcs, ce qui portala frontière russe du Bug au Dniester (1791).
Les conquêtes russes en Asie prirent au dix-huitièmesiècle une forme étrange, et elles portèrent la Russie audelà de la mer Caspienne. Les Russes et les Turcs s’asso-cièrent pour démembrer la Perse, et pendant quelquesannées (1727-1734), la Russie occupa la côte méridionale dece grand lac, les pays de Daghestan, Griilan, et Mazanderan.Un peu plus tard, l’ancien royaume chrétien de Géorgiepassa sous la suprématie de la Russie (1783); et c’était pourelle le gage de nombreuses conquêtes sur les deux versantsdu Caucase.
Enfin, presque à la même époque où le premier pas étaitfait vers l’acquisition de la Crimée, la domination russe s’éten-dait sur les hordes des Kirghiz répandues à l’est du fleuveOural (1775), et elle arrivait ainsi sur la côte orientale de laCaspienne, jusqu’à la mer d’Aral et jusqu’au lac Balkhash.
1. On doit regretter cependant que les anciens noms qui ont été remis enusage dans ces régions aient été si souvent appliqués à tort. Ainsi, la nouvelleville de Sébastopol répond à l’ancienne Cherson, tandis que la nouvelleChe?'son est ailleurs. La nouvelle Odessa n’a rien à faire avec l’ancienne Odêssos,et il en est de même dans beaucoup d’autres cas. (Note de l’auteur.)