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de profondes réflexions, Bru tus voit, à la lueur de lalampe qui éclaire faiblement sa tente, apparaître unspectre d’aspect étrange et horrible. Qui es-tu, luidemande-t-il, que me veux-tu? — Je suis ton mau-vais génie, tu me verras à Philippes. — Eh bien ! jet’y verrai aussi. Le fantôme disparait, et Brutus àqui ses serviteurs affirment n’avoir rien vu, rien en-tendu, reprend tranquillement son travail. (Vies dePlutarque .) Brutus employait alors la plus grandepartie de ses nuits à lire, à méditer et à expédier sesordres. L’esprit tendu, et fortement préoccupé desgrands événements qui se préparaient, il était danscet état de surexcitation cérébrale si favorable audéveloppement des hallucinations.
C’est à des causes du même ordre que l’on peutattribuer celles d’Ignace de Loyola, de Savonarole ;celles de Luther entendant distinctement le bruit queSatan fait derrière son poêle, recevant sa visite pen-dant ses insomnies, discutant, en venant même auxprises avec lui, et le mettant en fuite par de grossesinjures (Æ/dnr. de Luther, publiés parM. Michelet) (1);
(i) Le hardi réformateur professait, comme on sait, les idées lesplus superstitieuses à cet endroit, croyant à l’intervention matérielledu diable dans les événements terrestres, notamment dans la productiondes maladies. Il importe beaucoup dans l’appréciation de ces phénomènes