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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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— c’est ainsi qu’on peut expliquer les révélationssurnaturelles de Swedenborg, sou commerce avecles esprits, ses entretiens avec Dieu et beaucoup demorts illustres, faits qu’il raconte dans les plusgrands détails et avec toutes les apparences de labonne foi ; les visions de Raymond Lulle, qui eurentune si grande influence sur sa destinée ; — celles deVan-IIelmont, qui vit son âme sous la forme d’unelumière ayant figure humaine ; — l’abîme ouvert àcôté de Pascal, à la suite de son accident du pontde Neuilly, etc. Or, comptera-t-on au nombre desaliénés l’illustre vaincu de Philippes, et le puissantréformateur de l’église au xvi e siècle ? Le génieoriginal d’où est sorti l’animisme moderne, et le

de tenir compte de leur cause et de leur caractère. Si je ne regarde pasl’hallucination comme un signe univoque de folie, je ne nie pas d’ailleursqu’elle n’ait été chez quelques hommes célèbres le signe caractéristiqueou le point de départ d’un trouble profond de l’esprit. Ainsi BenvenutoCellini affirmait que depuis l’époque où, étant à Rome en captivité, il yavait eu une vision, il lui était resté sur la tète une lueur miraculeuse,qu’il avait fait voir à quelques personnes, et qu’on apercevait sur sonombre au lever et au coucher du soleil. (Ses mémoires.) Voilà unexemple d’idée délirante. Chez Le Tasse, les hallucinations si pénibles qu’ildécrit lui-même dans une lettre à un ami, furent les prodromes d’unevéritable maladie mentale plutôt due, à ce qu’il faudrait induire de ré-centes recherches, au mysticisme religieux qu’à un amour malheureux ;tandis qu’on peut les considérer chez Paracelse comme le résultat de seshabitudes crapuleuses, et de l’état d’ivresse dont il sortaitJi peine uneheure ou deux par jour, au témoignage de son secrétaire Oporin.