appliquée à des individualités que leur obscurité metà l’abri de pareilles investigations? Si, comme l’af-firme l’habile aliéniste que nous combattons, l’espritélevé à sa plus haute puissance conduisait fatalement,par une foule d’affections nerveuses issues d’une pré-disposition héréditaire à la folie, et la folie à l’idio-tisme, c’est dans les races dégénérées, c’est dans lesfamilles de crétins qu’on devrait observer le plusd’hommes supérieurs.
Enfin, avant de porter contre le génie un arrêt d’in-sanité, n’eùt-il pas fallu s’entendre sur certains motsquelque peu vagues de la langue philosophique ; sedemander si l’on s’est rendu un compte exact desfacultés assez complexes du trouble combiné des-quelles résulte la folie ? 11 y a dans le génie une puis-sante imagination, puisqu’il n’y a pas de génie sansinvention, point d’invention sans imagination. Il y aaussi une haute raison, ou si l’on veut un sublime bonsens ; il y a, enfin, une force d’attention peu com-mune, ce que dénote l’activité, l’étendue, la profon-deur des conceptions chez ces rares privilégiés del’intelligence. Et c’est apparemment, comme le faitremarquer Vauvenargues, « la nécessité de ce con-cours de tant de qualités différentes, qui fait que legénie est toujours si rare. » (Tome 1.) Lors donc