qu’on porte contre lui l’accusation de côtoyer la folie,on devrait nous dire quelles sont de ces diversesfacultés celles qui sont particulièrement atteintes enpareil cas ; si c’est l’attention, comme le pense Esqui-rol ; ou l’imagination, qui me semble y jouer un rôleplus considérable encore ; ou , enfin , la raison , laseule de nos facultés psychiques qui ait pour attributspécial la distinction du vrai et du faux, et qu’il mesemble impossible de regarder comme lésée, à ce hautdegré de force et de rectitude qu’elle offre chez leshommes supérieurs.
Voilà des questions qu’on ne peut laisser en dehors,au point de précision et d’exactitude qu’a prise au-jourd’hui l’analyse psychologique. N’est—il pas infi-niment probable, en effet, que c’est de la rupture del’équilibre intellectuel, de l’inégale pondération dequelques-uns de ces éléments, que résultent psycho-logiquement les troubles de l’entendement ? Et l’idéaldu génie, loin de s’allier au délire des conceptions età la détérioration physique de l’espèce, ne nous ap-paraît-il pas plutôt (nonobstant certaines exceptionsdont nous avons signalé les causes), dans cet état deperfection relative, où toutes les facultés se dévelop-pent avec ordre et harmonie : où l’âme en pleine pos-session d’elle-même dispose aussi comme il lui plaît