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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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Que l’on se rappelle quel souci nos anciennesfacultés faisaient de la moralité de celui auquel ellesdispensaient l’honneur de les représenter, et l’onsera convaincu qu’à dater du moins du xn e siècle,époque où commencent à s’élever ces établissements,de pareilles infamies deviennent presqu’impossibles.— Si, échappés à la tutelle des anciennes corpora-tions , les médecins sont libres de nos jours de seprécipiter per fas et nef as dans les voies ouvertes àleurs convoitises , les progrès de la moralité publiquesont là pour faire contre-poids à ce danger. D’ailleurs,Dieu merci, les Néron ne sont plus possibles; et auxfaits relatés par Suétone, les médecins modernespeuvent opposer avec orgueil la conduite des Thomas-seau, des Desgenetles, etc. (1).

L’étude des poisons, cette arme anonyme d’autantplus terrible entre les mains du médecin qu’elle peuts’y dissimuler sous l’étiquette trompeuse d’un remède,ne constituait pas naguère, comme de nos jours,

(l) Thomasseau de Cursay, médecin de la faculté de Paris, ayantreçu, comme chef de la municipalité d’Angers, l’ordre de faire mas-sacrer les protestants pendant la nuit de la Saint-Barthélemy, réponditpar un refus plein de dignité : u Qu’on ne trouverait pas un seul hommedans cette ville qui voulût exercer un office ausssi odieux et si contraireà l’humanité, n Ces Thomasseau, d’une famille noble, avaient pris pourdevise : Plutôt mourir que se souiller. (V. la Notice de Hazon.)