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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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de vie et de mort qu’ils ont sur leurs semblables, lesmédecins appelés à donner des soins aux hommes quiont joué un rôle dans l’histoire. Furent-ils toujourssinon scientifiquement du moins moralement à lahauteur de leur mission ? N’ont-ils pas servi parfoisd’instruments à d’odieux desseins ? Questions des-tinées à rester le plus souvent dans un profond mys-tère ; car si le médecin confesse le malade, qui con-fessera le médecin ? qui s’avouera coupable, lors-qu’abslraction faite des intérêts privés, un tel aveuserait de nature à compromettre des intérêts généraux,ou les hommes les plus haut placés? Disons-le cepen-dant à l’honneur des temps modernes, rarement, jamaispeut-être, — c’est du moins ma conviction appuyéesur l’honorabilité de leur vie, — y trouverait-on deshommes semblables à ceux que Néron dépêchait versDomitia sa tante, atteinte d’une irritation d’entrailles,et dont il convoitait l’héritage, avec mission de lapurger.. . trop. « Prœcipit medicis ut largiùs pur-garent œgram. » (Suétone, in Nero.) ; — ou encoreà ceux que ce monstre envoyait aux accusés pour lessoigner, selon sa propre expression, c’est-à-dire,pour les dépêcher plus vite en coupant leurs veines :« Mcdicos admovebat qui cunctantes curarent, itàenimvocabatvenasmorlisgratiâincidere. » ( Id.,ib .)