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L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
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reillcs. — L’imagination joue, sans doute, un très-grand rôle parmi les éléments divers dont se formecette passion composite. Entre l’instinct bestial d’unboschimane, d’un crétin, et la flamme divine qui ins-pirait Pétrarque ou le Tasse, là peut-être est la prin-cipale différence (1). Mais qu’en conclure, sinon quecette faculté éminemment esthétique peut tellementprimer les besoins sensuels , que ceux-ci donnent àpeine signe d’existence ? Est-il, après tout, beaucoupde passions, même parmi les plus intellectuelles, lesplus nobles, qui, en face des plates réalités de la vie,conserveraient leur charme et leur puissance, dé-pouillées du prestige que leur prête cette grande ma-gicienne, grâce à laquelle nous communiquons, dit uningénieux penseur, avec l’âme des choses ?

En un mot, si l’attrait qui rapproche les sexes est un

(l) Cette différence se retrouve jusque dans la perversion maladive deces penchants. Ainsi, le satyriaris et l 'érotomanie constituent deuxgenres d’aliénation distincts : dans le premier, l’instinct bestial seul esten jeu ; dans le second , l’exaltation de l’imagination joue le principalrôle. — L’amour, a-t-on dit, prend, comme la dévotion, l’empreinte ducaractère ; on pourrait ajouter celle du tempérament, avec lequel le ca-ractère e.-t dans une si étroite dépendance. Enfin, ce sentiment est dansla forme générale qu’il revêt une expression de la la société. Matérieldans la société romaine en décadence, il est chevaleresque dans lemoyen-âge, raffiné et délicat dans le xva e siècle. Aujourd’hui, il secote à la Bourse.