310 —
prendre. Combien peu songent, en effet, parmi nous,à s’enquérir, avant d’observer, des règles de l’ob-servation ; avant de raisonner, des lois de l’induc-tion, de l’analogie de la déduction, dont nous sommescependant appelés à faire une application journa-lière'? Où sont, à l’exception d’un certain nombred’esprits qui voient dans la médecine quelque chosede plus qu’un art dont ils doivent vivre, les méde-cins qui se demandent quelle est la méthode à sui-vre pour arriver à la certitude sur l’objet de leursrecherches ?
Je sais tout ce que l’on peut dire de l’inutilité desétudes logiques, au moins pour les esprits biendoués qui suivent, sans s’en douter, les lois de cettelogique instinctive ou naturelle qui a précédé toutesles règles. Mais outre que ces esprits sont très-rares,et qu’ils eussent trouvé dans ces études une forcede plus, ils sont obligés, qu’on le remarque bien, desubir, comme le commun des hommes, le joug decette logique à laquelle le génie lui-même est tenude se conformer ; et ils n’ont d’autre autorité quecelle qu’ils lui empruntent, quelle que soit, d’ail-leurs , la voie ,* frayée ou non, par laquelle ils ontmarché à la conquête de la vérité. — L’objectionque l’on fait contre cette science retomberait sur