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au lieu d’une soixantaine d’éléments, on n’en ren-contre guère plus de trois ou quatre dans le plusgrand nombre des composés connus (charbon, hydro-gène, oxygène et quelquefois l’azote), pour expliqueret classer les espèces non moins nombreuses queprésentent les êtres organisés, les modifications sipromptes, si variées, si singulières qui se passentdans leur sein (1).
Mais comment tirer d’une science qui en est encoreà ses premiers tâtonnements, qui n’a pas encorecomplété l’analyse des substances dont elle s’occupe,dans le sein de laquelle s’élèvent même de nombreu-ses divisions sur la manière d’entendre ses principesfondamentaux : comment attendre, exiger de cettescience à son berceau des applications qu’on ne songeà demander qu’à des sciences faites et assises sur desbases bien déterminées? D’ailleurs, la perfection dansles procédés que réclament des analyses aussi déli-cates que celles qui ont lieu sur les matières organi-te) Celte difficulté, deux savants illustres de notre temps se sontappliqués à la vaincre (MM. Dumas et Liébig), en opérant non point surles éléments définitifs qui n’apparaissent qu’alors que toute trace d’ori-gine organique a disparu, mais sur des composés agissant à la manièredes éléments, jouissant de toutes les propriétés des corps élémentaires,et fonctionnant comme les radicaux de la chimie minérale. (Voir lesBulletin» de F Académie des sciences.)