( ’radix cardui ) doit s’entendre du cardon , dont onmange, en effet, l’organe radiculaire ainsi que la tige,ce qui n’est pas d’usage pour l’artichaut (1).
Les lurions de Y asperge se mangeaient avec unmélange d’huile, d’ail et de raifort. On distinguaitl’espèce sauvage et l’espèce cultivée. Juvénal énumèrela première, originaire des Gaules d’où Lucullus lafaisait venir, parmi les mets du souper qu’il prometà Persicus :
. Et montant
' Asparagi posito quos legit villica fuso.
(Sat. xi.)
Martial la préfère même aux célèbres asperges deRavenne, qu’on vendait, selon Pline , trois à la livre :
Mollis in œquorea quæ crevit spina Ravenna,
Non erit incultis gratior asparagis.
(l) Un sénateur romain reçut, sous Auguste, des pelleteries entou-rées d’une espèce de bourre blanche, que ses esclaves secouèrent, sansy faire attention, dans le jardin de sa villa. On fut très-surpris de voir,l’année suivante, s'élever à la même place une plante inconnue, sem-blable à un chardon. Les esclaves eurent l’idée d’en goûter, et la trou-vèrent excellente. Même fantaisie vint alors au maître, qui y prittellement goût qu’il défendit à ses serviteurs d’en manger, sous peinedu supplice. C’est, selon Columelle (lib. xix, loc.cit.), à celle cir-constance fortuite que les Romains durent de connaître Vartichaut ,dont le succès fit bientôt importer d’Égypte le cardon. De nos jours ,Dumont, d’Urville naturalisa dans les îles Marquises l’artichaut et l’as-perge, qui y prirent des proportions énormes sans perdre de leursaveur.