Buch 
L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
Entstehung
Seite
396
JPEG-Download
 

— 39G —

glier était en grande estime chez les anciens, qui leretenaient captif, ainsi que je viens de le dire, dansdes enclos où il acquérait un volume considérable ;d’où le surnom d'apri milliarii, c’est-à-dire, pesantmille livres (l). « Non magnam rem facis, quùd vivercsine apparatu regio potes : quùd non desideres mil-liarios apros. » (Sénèque, epist. ex.) Les médecinsleur préféraient cependant les sangliers de montagne ;c’était aussi l’avis des gourmets :

Umber et illignâ nutritus glande rotundas

Curvat aper lances. (Horace, Sat. i, lib. u.)

Les Romains poussèrent l’extravagante prodigalitéde leurs tables jusqu’à y servir des sangliers entiers :

.Quanta est gula quæ sibi totos

Poscit apros? (Juvénal, Sat. 1.)

Pline a même cru devoir conserver à la postéritéle nom du grand citoyen qui donna le premierl’exemple de cette innovation, bien surpassée, du reste,dans la suite, puisque nous voyons Marc-Antoine, àl’époque de son triumvirat, faire tuer huit sanglierspour un seul repas (Plutarque, Vie de Marc-An-toine)-, et au témoignage d’Athénée ( Banquet desSavants ), le Macédonien Caranus en faire apparaître

(l) La livre romaine n’était que de 12 onces.