— 414 —
püque à plusieurs personnages consulaires de sontemps le sobriquet de piscinarii ou de tritones ; cequi prouve, en passant, quel sens important et carac-téristique les noms propres ont dans l’histoire. Lafortune de quelques-uns de ces gastrolâtres égalaitcelle des rois ; aussi voyait-on figurer dans un seul deleurs repas plusieurs milliers de poissons. César vou-lant donner un festin au peuple s’était adressé, selonPline, à un célèbre ichthyophile nommé Irrius, pouravoir des murènes ; celui-ci ne voulut pas lui envendre, mais lui en prêta six mille. La gourmandisedes Romains, dit Juvénal, eut presque épuisé lesmers :
Et jàm defecit nostrum mare dùm gula sœvit,
Retibus assiduis penitùs scrutante macelloProximo, nec patitur Tyrrhenum crescere piseem.
(Sat. 5.)
On ne se bornait plus, en effet, aux viviers d’eaudouce ; pour ne pas en être privé aux époques où lamer était inaccessible, on élevait les espèces marinesséparées en divers compartiments, dans des réser-voirs d’eau salée. On se fait difficilement une idée duluxe grandiose déployé alors dans ces constructions,surtout quand on compare la petitesse du but à lagrandeur des moyens. Licinius qui le premier donna