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Enfin, au point de vue de !a dignité humaine, queldégradant spectacle que celui de celte gloutonneriedemandant à d’aussi ignobles procédés la satisfactionde scs insatiables convoitises ! Quel oubli de tous lesdevoirs, que celte dilapidation des richesses hérédi-taires dans ces saturnales de la gastronomie, où unApicius engouffrait plus de vingt-six millions, où unseul repas pouvait coûter sept à huit cent mille francs !Que penser d’une société où l’extravagance dans lagourmandise devenait un moyen de célébrité; où l’ondécernait des prix aux plus intrépides consommateurs,où le cuisinier devenait un des personnages importantsde l’État (l) ; où, en un mot, perdant la mesure et lecaractère délicat qu’elle conserve chez les nations po-licées, est modus in rebus ...., la gastronomie étaitpassée à l’état de maladie mentale ou de gaslromanieendémique ? Car le physiologiste pourrait-il donnerun autre nom aux* excès dont la ville éternelle fut alorsle théâtre? Tous, sans doute, ne s’en rendaient pascoupables : l’énergique indignation des Sénèque et desJuvénal l’atteste suffisamment. C’était pourtant la
(l) Aujourd’hui, un poisson coûte le prix d’un cuisinier, un cuisinierle prix d’un triomphe ; et maintenant, il n’y a guère d’homme plus es-time que celui qui sait le mieux ruiner son maître. (Pline, 1. ix.)