DV KOÏAUME.
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tous les fléaux de l’empire, et ce mouvement fut sinaturel, qu’Odoacre put s’établir sans lutte; sa révolu-tion se réduisit à une révolution de palais ; il ne sacrifiapas même l’empereur détrôné, et se borna à le reléguerdans un château de la Campanie.
Odoacre en organisant lé royaume reste dans leslimites de la révolution italienne : il ne brise quel’unité issue de la conquête romaine, et ne fait qu’a-chever l’œuvre des insurrections fédérales commen-cées sous les premiers césars. Les idées sociales del’ancien monde sont respectées, le royaume adopte lesprincipes de l’antique civilisation , les conserve, lesprotège, en devient le premier instrument. L’an-cienne loi, cette loi que les plébéiens avaient arra-chée aux patriciens, ne cesse pas de régner; cettedémocratie, que les césars avaient propagée pour re-tarder les insurrections, reste le premier principe dusol italien; cette unité toute spiritualiste qu’on avaitréservée aux empereurs de Byzance pour représenter leprogrès universel contre la domination de la force,règne encore en suzeraine du royaume; détrônécomme chef politique, l’empereur est encore reconnucomme le grand pontife du droit, comme le chef de lacivilisation du monde. Odoacre ne demande que la sup-pression de l’empereur d’Occident, il ne demande qu’àreconnaître un césar unique, résidant à Byzance ; ilveut être lui-même le lieutenant de l’empereur Zénon;il n’ose pas toucher à la couronne impériale. En unmot, son œuvre est toute politique, elle crée l’indé-pendance nationale dans le milieu social de l’empire.La constitution géographique de l’Italie n’est pas alté-rée, et la nouvelle unité du royaume ménage les vieuxcentres; forcée d’opter entre Rome, Ravenne et Milan,