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Tome premier.
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LA FONDATION

elle se campe à Ravenne comme dans un casernementmilitaire. On se contente d’adopter les tendances roya-listes de la haute Italie; renonçant à l’idée même desubjuguer Rome parla force, on lui donne la répu-blique pour qu’elle respecte le royaume. Par une ficlionde droit, Rome est encore considérée comme la capitaledu monde, elle reste la ville sainte, le centre sacré del’Occident. Son sénat est conservé. C’est lui qui, parles ordres d’Odoacre, déclare à Byzance que l’Occidentn’aura plus d’empereur, et que le chef de l’Orient suf-fira seul à représenter l’unité de l’ancien monde. Lavieille aristocratie survit avec ses droits; le patriciende Rome reste le premier dignitaire de la péninsule.On ne cesse pas de nommer les deux consuls, l’unpour l’Orient l’autre pour l’Occident. Enfin, la foi desItaliens est respectée à son tour, elle règne de droit et defait ; l’Italie demeure catholique et c’est le catholicismequi entraîne Rome elle-même dans l’insurrection fédé-rale du royaume. Odoacre est accepté au moment oùl’empereur Zénon croyait imposer aux Romains l’hé-résie d’Eutichès; ainsi le royaume sert à protéger leurfoi contre les arrêts de Byzance. Peu importe qu’O-doacre soit arien, il ne s’agit pas de lui ni des Ërules,il s’agit des Italiens, et ils sont heureux de pouvoir l’op-poser aux empereurs d’Orient. Qu’il professe l’aria-nisme ! que la nouvelle religion soit le mot d’ordre descasernes, de la cour et du royalisme qui s’organise!que l’on continue si l’on veut la tradition de Ricimer,deGondebaud et des généraux presque tous ariens! leroyaume arrive à propos, le roi n’impose pas sesprincipes, ne sonde pas les consciences, il laisse à l’Italiesa foi, à Rome son Église indépendante, et il endéveloppe la liberté républicaine. On s’abrite derrière