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Tome premier.
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LA FONDATION

trouve ainsi transportée dans un cycle supérieur quidépasse les prévisions de l’antiquité tout entière. Que l’onconsidère en effet Odoacre, Clovis, les Goths d’Espagne,les Vandales d’Afrique, tous les barbares campés dansl’empire, on verra la première ébauche d’une transfor-mation universelle. Les nouveaux rois suivent tous lamême route : tous ils fondent des royaumes qui se res-semblent ; tous ils se partagent l’Occident sans tou-cher à la civilisation , regardant l’empereur commela source unique du droit. Partant, les nouveauxroyaumes sont des Etats modernes, c’est-à-dire descorps politiques qui fonctionnent comme les membresd’une vaste fédération constituée par des lois sociales,antérieures et supérieures aux simples stipulationsd’un contrat politique ou d’une ligue internationale.

Les anciens peuples qui avaient voulu repousser laconquête romaine ne devaient pas triompher; les natio-nalités des Gaulois, des Ibères, des Celtes ne devaientpas ressusciter; la mort des nations est irréparablecomme celle des individus. Pourquoi une nation dé-sorganisée reviendrait-elle au combat? Pour essayerses forces? l'épreuve est faite , il est inutile de larépéter, elle donnerait toujours le résultat connu dela défaite. On a succombé ; le conquérant garde sasupériorité grâce à l’idée qu’il représente, et propagesa conquête par la force même de ses principes etde sa civilisation ; on oublie ses dévastations d’unmoment, et on accepte son action de tous les jours.La nationalité vaincue, réduite à un souvenir vagueet confus, n’est plus représentée que par l’aristocratiedétrônée ; elle est rétrograde, et ses insurrections sontforcément aristocratiques, comme celle de Florus etde Sacramore, se fondent sur des préjugés en dé-