■100
TROISIÈME PÉRIODE LE LA GUERRE DE ROME
le pape en 756, et en 758 le protège contre les Grecs,contre la réaction byzantine, contre l’invasion de Cons-tantin; mais enfin il est de la race des Longobards,et se lasse de se prosterner devant la révolution qui ledépossède *. Hélas! il est trop tard pour combattre.Didier court à sa perte, ses villes militaires ne fonction-nent plus, l’alliance de Byzance qu’il invoque ne peutpas le soutenir, les Franks qu’il provoque sont prêts aucombat et, quand Didier marche sur Rome, il est saiside la même terreur religieuse que Ratchis et Aistulf,et il apprend que le pape Adrien s’est adressé à Char-lemagne. Doit-il avancer pour écraser le demi-Dieude Rome? doit-il reculer pour l’apaiser? Le malheu-reux recule sur la menace de l’anathème ; vaincu àRome par la religion, il voit ses troupes se débanderdevant Charlemagne qui arrive; assiégé à Pavie il estpris en 774 et meurt dans les prisons des Franks. Sonfils Adelehis se réfugie à Byzance.
Les Goths avaient commis la faute d’accepter leprincipe impérial, les Longobards commirent la fauted’accepter le principe catholique; de là leur conquêtearrêtée par Théodolinde, Arioald, Pertarrith; de là Luit-prand, Aistulf, Ratchis, toujours flottant entre la né-cessité de combattre et celle d’adorer le pontife; de làDidier qui résume dans sa vie toutes les hardiesses ettoutesles paniques de Luitprand, d’Aistulf, de Ratchis,
evangelici jussu eamdem quam ambiebat regalem adsumeret digni-tatem. (Fray. Hisl. Long.) — Ilic (Desiderius) plurimis locisecclesias coustruxit, ornavit atque ditavit rebus ac possessionibusmultis. (Chron. Vulturn.)
1 Hic vero contirmato regno cum jam annos plures regnasset,imitator factus Aislulfi abstulit civitatem Faventiæ etducaium Fer-rariæ. (Fmg. Hisl, Long.)