Band 
Tome premier.
JPEG-Download
 

CHAPITRE YIII

LA CATASTROPHE DU ROYAUME.

Plaidoyer en faveur des Longobards. — Les Longobards sontcasaniers, — adoptés par les indigènes, — et supérieurs auxByzantins.—Mais les Romains devaient les combattre—par larévolution,—par le pape—et par les Franks.

La politique italienne n’a jamais cessé de regretterla puissance des Longobards; Paul Diacre Varnefriedproteste déjà contre l’Eglise, et son histoire n’est qu’uneapologie silencieuse du royaume; chaque chapitrerépond à une bulle pontificale, et ses narrations naïves,mesurées, correctes, se succèdent comme autant deflèches invisibles contre l’Eglise romaine, laissantcette dernière conviction que la défaite du royaumefut le grand crime des pontifes. On a oublié l’apo-logiste des Goths ariens, Jornandès ; on n’oublia pasPaul Diacre, l’apologiste des Longobards convertis,et il a fondé une tradition de regrets qui se renouvelleà chaque époque de la littérature italienne. Machiavelet Muratori plaident la cause des Longobards, on laplaide encore aujourd’hui.

Laissons passer l’apologie des Longobards.—L’Eglise,a-t-on dit, n’a porté qu’un jugement de guerre et dehaine sur le royaume de Pavie; elle a menti pour im-moler l’Italie à une nouvelle invasion. Aux Longobards,donnés par la fatalité, elle a substitué la barbarie plusprofonde du peuple de Clovis. L’histoire des Longobardsn’offre aucune trace des atrocités de Clotaire, de Chil-