LA CATASTROPHE
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nous ne pouvons nous occuper d’aucun pape en parti-culier; nous devons suivre l’Église, toujours la même,sur la grande ligne historique qu’elle parcourt. Son plann’a jamais varié. Quand Attila descend en Italie, quetrouve-t-il sur sa route ?L’armée des Franks et de l’em-pereur, et derrière l’armée, le pontife. La tradition veutqu’Attila soit renvoyé par un miracle du pape Léon ;les Goths sont renvoyés par le miracle de la 'révolu-tion romaine, secondée par Byzance et les Franks. LesLongobards, en présence des mêmes ennemis, ne peu-vent dompter Rome; le plan catholique, abandonnépar l’empereur d’Orient, se trouvait confié aux Franks.Didier succombait à l’invariable pensée qui avait déjàrenversé ses devanciers. Les accusations des Longo-bards contre le chef de l’Église se réduisent encore àdes critiques personnelles, à des querelles de cour, àun débat diplomatique sur tel ou tel acte d’un pape, etmême dans ce débat on oublie les actes, les intentions,la variabilité des rois, qui changent chaque jour deplan et se posent à deux faces : ennemis de Byzancepour attaquer l’Exarchat, amis de Byzance pour que larévolutionne puisse pas y toucher.
Les Longobards sont sacrifiés, mais l’Italie romaineest délivrée : Rome, Ravenne, Naples, la Vénétie, Gaeta,Sorreute, Amalû, et peut-être la Sicile, sont sauvées.Les Romains du royaume s’avancent vers une plusgrande liberté. Le pape, devenu souverain au centre del’Italie, peut soutenir par l’entremise du clergé tousles vaincus de l’Europe. Ce fédéralisme passif, qui danstout l’Occident avait préféré les barbares auxempereurs,devient actif, et, dirigé par la sainte république, doitaboutir à une vraie fédération politique. L’Église atrouvé son héros, son libérateur, qui peut se faire le