A\ EC l’ÉCUSE.
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révolution. Or, la révolution, née libre et fédérale,n'accorde qu’une donation libre et fédérale : le pape nerégnera donc pas en maître unitaire, et ne transformerapas l'Italie impériale et romaine en un royaume àl’imitation des Longobards ou même des Franks. Sadomination ne trompera jamais le résultat de la longueguerre contre Pavie. Tout le passé du christianismegarantit à l’Italie romaine que, de gré ou de force, lepape restera un tribun populaire, un chef fédéral, ledoge désarmé d’une fédération républicaine.
Se résignera-t-il à régner en chef républicain? Ici laquestion change de nouveau; si la volonté inexorabledu peuple se fonde sur les lois qui protègent la liberté,la volonté du pontife, à son tour inexorable, se fondesur d’autres lois qui protègent la grande révolutionchrétienne dans le monde. Le pontife ne peut êtreni fédéral, ni républicain; ses lois sont toutes morales;sa mission est de sonder les consciences, de gouvernerles pensées, et il ne saurait s’arrêter devant des loispolitiques, extérieures, aveugles, accidentelles, tou-jours en retard sur le mouvement de l’humanité. Sajustice est supérieure aux lois, sa morale supérieureaux contrats, sa foi supérieure aux serments; chefde la révolution chrétienne, autocrate des croyants,demi-Dieu sur la terre, il est forcé d’être despotiqueet illégal : autant au-dessus des rois que des tribuns,il est par lui-même mille fois plus unitaire et absor-bant qu’un roi de Pavie. Comment respecterait-il leslois s’il |les doit renouveler? Eh bien! qu’il suivesa destinée, qu'il soit unitaire et despotique à l’infini,qu’il poursuive seul sa révolution contre les .barbares,qu’il soit le démiurge de la chrétienté contre les roisdes invasions ! les peuples de l’Italie romaine n’en