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LA RÉVOLUTION ROMAINE
Charlemagne est terrible; dans son intention person-nelle, il croit que le monde sera sa propriété; il veut letransmettre par le droit d’hérédité, et il exagère le droitd’hérédité jusqu’à partager l’empire entre ses fils. Ehbien! la fédération se trouve ébauchée dans l’unitémême qu’il impose. Le droit de partager l’empire sup-pose que les divers royaumes restent divisés. Dans lefait, chaque royaume a ses dignitaires, son centre, sesmagistratures, son rayonnement, ses diètes plus puis-santes que le sénat de Byzance. De son vivant, Charle-magne partage l’empire en trois parties, qu’il donne àses trois fils, Louis, Pépin et.Charles. Par celte division,il y a déjà trois corps politiques, l’un gascon, l’autrefrançais et le troisième italien. Bien plus, Charlemagneperpétue cette division dans le cas où elle serait adoptée;il ordonne qu’à la mort de l’un de ses fils, si le roi dé-cédé laisse un enfant, les autres rois ne le troublerontpas dans la possession des Etats paternels,« supposéquele peuple du pays choisît cet enfant pour roi.» Voilàchaque royaume à peu près libre comme Rome.
Sous les Carlovingiens, l’unité qui s’annonçait brutaleetterrible finit par se trouver à la merci de la fédération;elle est concentrée dans la personne de l’empereur,dans le monopole de sa famille, dans l’éventualité loin-taine que le droit d’hériter puisse réunir de nouveautous les royaumes dans les mains d’un successeur deCharlemagne. La fédération l’emporte par les trois rois,par le droit qu’ils ont de perpétuer leur dynastie, parl’absence d’une capitale impériale, par l’impuissanced’Aix-la-Chapelle, trop faible et trop récente, enfin par lanécessité des diètes pour gouverner tout l’empire. A la 'mort de Charlemagne, le dévastateur disparaît, et il estremplacé par le Charlemagne débonnaire des légendes;