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Tome premier.
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138 LA RÉVOLUTION ROM. DANS TOUTES LES NATIONS DE L’EUROPE.

tribunaux ecclésiastiques. L'Eglise profite de la con-cession : tous les crimes sont des péchés, c’est doncau prêtre de les juger, de les punir, et, en 833, le papeimpose à l’empereur Louis une pénitence publiquepour de prétendus crimes, entre autres pour avoirfait marcher ses troupes pendant le carême. Lolhaireest poursuivi pour son mariage avec Valdrade. En847, les trois rois de la fédération carlovingienne sepromettent de se rendre mutuellement les hommesqui passeraient d’un État à l’autre , pour éviter lespénitences imposées par les évêques. En 867, le pape iNicolas I impose des pénitences à des hommes qui i

n’en veulent pas; en 870, le pape Adrien défend à \

Charles-le-Chauve d’occuper la Lorraine de Lothaire, ;comme appartenant à l’empereur Louis. Le pape en ar- jriva à intimer l’excommunication à Carloman : l’Église ;romaine est près de supplanter l’Empire. L’évêque Hinc- imar murmure déjà contre la-révolution romaine, con-tre l’influence des papes; il se demande si ce sont lespapes qui défendent le royaume contre les Normands,si leurs prières suffiraient sans le sabre des Franks, sicette Rome, qui prétend s’imposer à l’univers, offre unspectacle qui édifie les fidèles. Les papes ne sont-ils pasle jouet de l’émeute? Rome n’est-elle pas livrée à desscandales qui se perpétuent? Alcuin ne voulait pas voirses toits dorés qui abritaient la discorde ; Hincmar lesmaudit. De loin l’idée rayonne confusément; elle estobscurcie par le désordre de son ébullition, et, en at-tendant, on obéit. Personne ne peut sortir de l’idée ro-maine; le pape est le sage qui dirige la fédération desbarbares; son illégalité est l'instrument d’une justicesupérieure aux lois de l’époque.