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Tome premier.
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LA DOMINATION

Comparés à Venise, les Etats du midi présentent lamême loi, se développant sur les lagunes par l’unitéqui supprime la fédération, et dans le midi, par la fédé-ration qui décompose l’unité de Bénévent. La politique,l’indépendance, la civilisation, le despotisme étaient lesmêmes, les procédés différaient. Seule et lointaine,Venise devait pousser la répression intérieure jusqu’àanéantir la fédération des douze îles; les Etats du midi,au contraire, rapprochés les uns des autres, devaientfédéraliser cette anomalie de l’unité bénéventine, quientravait la guerre contre le pape et les Franks. Lestrois Etats, une fois décomposés, présententune fouledevicissitudes, de coups de main ou de révolutions depalais; on se croirait à Naples ou à Venise, et l’étrangemobilité de l’Italie longobarde ou byzantine contrasteavec l’ordre qui règne dans l’Italie pontificale et impé-riale. Tant de mobilité supposerait-elle que les républi-ques qui cernent le royaume et la donation exercent unascendant? Elles 11’ébranlentni le royaume, ni la dona-tion, elles n’ont aucune influence; leurs vicissitudes nesont que des secousses transmises par les plus petitsmouvements de l’union italienne, qui reste absorbéedans sa propre autonomie. Toutes ces républiques sonten relard d’un siècle au-dessous du pacte de Charlemagnedans la confusion des deux pouvoirs, dans le despo-tisme des doges, qui n’a d’autre modération que la fu-reur des émeutes. On obéit àdes chefs vénérés et détestésnécessaires et iniques, et il y a des évolutions sans ré-volutions, des agitations dans les ténèbres, des péripé-ties qui n’arrivent pas au grand jour de l’histoire. C’està peine si Amalfi vient jusqu’à nous avec l’aride énu-mération fie ses doges. Naples n’est connue que parl’opposition catholique, qui dénonce l’infamie de ses