DE LA DOMINATION CARLOVINGIENNE. 475
brûle de se soustraire à sa domination défaillante etTon n’ajourne l’action que pour mieux l’assurer. C’estainsi qu’on évite la grande scission des marches, pro-voquée par les Franks. Spoleti est devenue une puis-sance; la Toscane est importante à son tour; le Frioulet la Vénétie de terre ferme forment un Etat, qui a soncentre à Vérone. Les trois provinces peuvent égalementdonner un roi qui supplanterait l’empire des Franks;mais la fatalité oblige chaque Marche à conquérir laroyauté pour sauver sa propre indépendance; nul mar-quis ne peut être libre qu’à la condition de devenirroi. Spoleti et la Toscane voudraient s’emparer de Pavieet repousser le Frioul; le Frioul voudrait absorber Pavieet refouler Spoleti et la Toscane. 11 y a aussi Ivrée avecle Piémont la quatrième Marche, qui pourrait donnerun roi. Comment s’entendre? Comment s’avancer surce sol effondré? Comment réprimer la révolution ro-maine, toujours régnante par la division des Marches ?On se contient; les marquis unis dans la discorde quiles ronge attendent l’issue de la guerre entre la Franceet l’Allemagne, et en attendant, ils se tournent touscontre le pape.
Le premier qui marche à l’attaque, c’est Lambert,duc de Spoléti, et il oppose au pontife l’évêque For-mose, chef du parti de l’Eglise, qui suit le mouvementde la fédération germanique contre les Franks. Lemarquis de Toscane seconde le duc de Spoleti. Aunord, Béranger, duc du Frioul et de Vérone, s’allieouvertement avec l’Allemagne contre le roi frank.Cette rébellion obscure et blafarde aboutit à un préten-dant, Boson, le vicaire même de Charles le Chauve enItalie. Béranger lui livre Hermengarde, lafdle du der-nier empereur; à défaut de concurrent, sa main peut