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Tome premier.
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DERNIERS JOURS

mand, puis grec, provençal et tributaire des Sarrasinsdans le midi, on le croirait atteint de folie. Baronius,le déclare moins qu’un homme et le désigne sous lenom d’une femme, la papesse Jeanne. Etait-il doncatteint de folie? Il n’était que fourvoyé. Ne concevantl’empire d’Occident que par les Franks, il tombaitdans le délire en le voyant se dissoudre; il s’attachaità tous les fragments de l’unité carlovingienne. Levice-dieu se croyait tout permis : promesses, parjures,trahisons; et, d’ailleurs, comment suivre l’Allemagne,quand l’opposition italienne était unanime pour l’Alle-magne ?

Jean VIII triompha comme pouvait triompher ledéfenseur d’une domination décrépite : Carloman cédases droits à Charles le Gros de Bavière, qui fut cou-ronné sans résistance à Pavie en 879. Alors le pape,s’attachant immédiatement à lui, le couronna la mêmeannée empereur des Romains. Plus tard, le hasard dessuccessions se plaisait à réunir sous la domination deCharles le Gros tous les fragments de l’ancien héritaged’Occident. Le nouvel empereur se trouvait en mêmetemps roi d’Italie, roi d’Allemagne et roi des Franks.Mais ce n’était là qu’un dernier cas unitaire ; personnedésormais ne pouvait ignorer que la domination car-lovingienne devait être fractionnée par l’Allemagne auprofit de la fédération : la crise italienne n’était qu’a-journée, comme la crise européenne. L’ère des carlo-vingiens finit avec le frémissement du royaume, quiattend avec impatience la mort de Charles le Gros.Leduc Lambert deSpoleti s’insurge ouvertement; laToscane déteste les Franks ; Charles le Gros ordonneau duc du Frioul Béranger, de réprimer la rébellionde Spoleti, et Béranger abandonne à moitié succès