DE LA DOMINATION CARLOVINGIENNE. 177
cien "vicaire de Charles le Chauve : se déclarant son pèreadoptif, il le conduit à Pavie pour le faire couronner.N’élait-ce pas le candidat de la politique italienne? Maispersonne ne se rend à Pavie, personne ne veut se ré-volter contre Carloman. A quoi bon? Pour tomber sousl’Eglise ? pour éviter l’Allemand absent, qui laisse lesmarquis à eux-mêmes? pour élever Boson, le Frankqu’on opposait à la France, pour dissimuler l’insurrec-tion italienne? Il a fait son temps et puisque la Franceest vaincue, on n’a qu’à prolonger l’interrègne : plus ildure et plus on gagne du terrain. Sans se déconcerter,Jean VIII poursuit à Rome le projet de relever la révo-lution par Boson et convoque un nouveau concilepour déposer Carloman. C’est un nouvel empiètementsur le royaume, et cette témérité inouïe de déposerpontificalement le roi d’Italie échoue à son tour; à ladiète de Pavie toutle royaume proteste contre le pape.« C’est la diète de Pavie, dit l’archevêque de Milan« Anspert, c’est notre diète qui doit nommer le roi ;« le pape n’a pas le droit de disposer de la couronne« d’Italie. » Jean VIII excommunie Anspert, et ses fou-dres frappent dans le vide, comme si le royaume étaitredevenu arien. Pour se ménager un nouvel appui,Jean VIII se tourne vers l’Orient et négocie avec l’em-pereur Basile, qui ne reconnaît pas l’empire d’Occi-dent; à sa sollicitation, il admet dans la communionde l’Eglise l’hérésiarque Photius. Ici, Jean VIII scanda-lise l’Eglise qu’il veut défendre, et froisse l’empired’Occident qu’il veut protéger. Son échec qui grandit,embrasse le monde chrétien. En voyant ce pontifetourner à tous vents , ennemi de Carloman, qu’il re-présente, qu’il dépose, et qu’il sollicite encore contreles Romains; en le voyant tantôt frank, tantôt alle-
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