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Tome premier.
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LES EMPE.RE.LRS

rasins; à l’intérieur, les espions se multipliaient poursurveiller les moindres mouvements. EvidemmentHugone pouvait plus tenir. Béranger d’Ivrée n’eut qu’à en-voyer un émissaire pour connaître sa propre force, iln’eut qu’à se présenter pour décider l’élan de la révolution italienne. En 945, il descendit en Italie; Trentefut livrée, Vérone prise; Gui, évêque de Modène, serévolta. Arderic , archevêque de Milan, accueillit Bé-ranger en sauveur ; la révolte se propagea, la résistancedevint impossible. Hugo, qui résidait à Pavie, ne songeapas même à combattre, et se borna à ajourner son ad-versaire par un dernier expédient. 11 savait qu’on voulaitun libérateur et non un roi; on célébrait Béranger d’I-vrée sans le vouloir pour maître : l’insurrection duroyaume ne demandait qu’une liberté fédérale sous unchef impuissant. La loi le désignait : Hugo, qui s’étaitassocié son jeune fils Lothaire dans le royaume, abdiquapour l’opposer à Béranger. Lothaire se présenta à Milandevant le peuple, l’archevêque et Béranger lui-même.« Que vous ai-je fait, dit-il, pour me déposséder?»Il était innocent, les colères tombèrent; la révo-lution agréa la faiblesse de Lothaire. Sans arméepour s’imposer, Béranger se contenta de régner sousl’autorité nominale de Lothaire; Hugo partit pour laProvence.

Voilà deux chefs en présence : Lothaire et Béranger,le roi et le ministre, le pupille et le tuteur ; la lutte estsourde, et implacable, comme le combatentre la révo-lution et le royaume. Par une nouvelle interversion,c’est le ministre qui représente le royaume, c’est le roiqui représente la révolution. Au bout de quatre ans, lejeune roi meurt, probablement empoisonné; Bérangerse fait couronner à Pavie, avec son fils Adalbert, et tous