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Tome premier.
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199
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ITALIENS. '199

Rome. Hugo revient au combat, et le combat estencore inutile.

Après avoir régné seize ans, en multipliant les exilset les proscriptions, après avoir sacrifié ses frères, samère, les chefs de Spoleti, de Camerino, d’Ivrée, aprèsavoir fortifié son gouvernement, en confiant les placesciviles et ecclésiastiques à des Français, et les fonctionsles plus importantes à ses propres fils, Hugo était moinsavancé qu’au jour de son arrivée. Rome dissolvait leroyaume et doublait la révolution qui se propageaitdes marches dans les villes où elle entraînait les arche-vêques, les évêques et le clergé; se retrempant dans sescentres naturels des villes romaines, dans ces villescomme Milan, la seconde Rome, toujours funeste auxrois; et toutes les villes romaines voulaient achever ladécomposition du royaume carlovingien par la forced’une nouvelle fédération impériale. C’était le travailqui devait s’accomplir par les chefs et les exilés; tous lesregards se fixaient sur le plus grand d’entre eux, Ré-ranger, marquis d’Ivrée, le fils de la fille de l’ancienempereur de Vérone. Il était en Allemagne, sur laterre prédestinée à renouveler l’empire par la fédéra-tion ; c’est là qu’on avait choisi Arnolplie, le premierfléau des rois italiens, le premier empereur étrangercouronné par Formose, le précurseur fatidique de larévolution impériale; et Réranger d’Ivrée attendaitl’heure de l’action à la cour d’Otlion I er , déjà glorieuxpar ses victoires. Hugo tremblait à l’idée que le proscritse trouvait auprès du grand roi d’Allemagne, sur lepoint de jonction entre la liberté de l’Italie et celle del’Europe. Sa politique aux abois se concentrait dans uneffort suprême pour séparer l’Italie de l’Allemagne.Tous les passages des Alpes étaient gardés par les Sar-