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Tome premier.
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LES EMt’EttECRS

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aucun roi n’a pu tenir : tous ont été renversés. Hugo setrouvait dans Fimnossibilité de livrer une bataille àBéranger II, qui n’avait pas de soldats ; Béranger II setrouvait dans l’impossibité de formuler la pensée mêmed’une résistance. Othon I er était accueilli en libérateur;personne ne songeait à lui contester la double cou-ronne de l’Italie et de l’empire. De même que Charle-magne, il est le héros de toutes les chroniques. Le re-nouvellement du pacte a été voulu, invoqué, accomplipar les Italiens, au nom d’une liberté mille fois supé-rieure à l’indépendance du royaume. Tous les combatsde 888 à 962 n’ont eu d’autre mission que de dégagerles principes des illusions personnelles, des engage-ments contractés sous l’impression d’une situation gé-nérale qu’aucun homme ne pouvait comprendre d’em-blée. Le mouvement politique n’eut d’autre rôle quede démontrer sa propre impuissance. On s’imaginaitqu’on pouvait fonder un royaume de Vérone, et Spoletirepoussait la conquête de Vérone; on croyait ensuite àun royaume de Spoleti, décoré du titre d’empire, etRome et Vérone repoussaient la conquête de Spoleti ;on concevait un royaume sans centre, régi par la con-quête mobile des Hongrois, et ce royaume en l’air,imposé par Béranger 1 er , était repoussé par la Lombar-die, la Toscane et la Provence. La semi-conquête de laProvence n’était guère plus heureuse ; elle devait tomberen enfance, puis en quenouille, et céder au pacte del’Eglise avec l’Allemagne. Tout s’enchaîne dans cettelutte, partout les hasards cèdent aux principes ; le dés-ordre apparent obéit à l’ordre de l’histoire, et les succcès,les revers, les intrigues, les surprises qui remplissentles soixante-douze ans de l’interrègne, conduisent auneconclusion aussi rationnelle que si elle avait été déli-