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Tome premier.
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CHAPITRE IV.

CATASTROPHE DES ROIS ITALIENS.

Luilprand historien des rois italiens—ennemi du royaume.—Ondoit le suivre pour comprendre la révolution,—pour éviter lescontradictions des royalistes,—l’immoralité des rois—et l’im-posture des doges romains.—Le royaume renversé par la géo-graphie de l’Italie.—Son unité est la formule générale destrahisons italiennes.— Les républiques byzantines heureusesde la détresse des Italiens.—Rome,—Naples,—Amalfï,—GaetaSorrento,—Venise — Bari ambitieuse.— États longobards : —Bénévent,—Salerne,— Capoue.—L’impiété des rois comparéeà celle des doges.

L’histoire des rois italiens nous a été donnée parLuitprand, l’un des chroniqueurs les plus étranges dumoyen âge : spirituel, homme du monde, poète etpédant, rien ne manque à sa prose, pas même desvers, qui servent de chœurs aux scènes variées qu’ilexpose, et sa rude latinité, en suivant les soubresautdes conspirations italiennes, laisse échapper des éclatsde rire assez modernes. En le lisant, on s’aperçoit quel’ilalie s’est transformée. Jornandès, l’historien desGoths, regrettait le royaume de Théodoric; Paul Dia-cre, l’historien des Longobards, pleurait sur le sort desrois de Pavie; Luitprand s’en moque, et les sacrifie à lacivilisation qui veut être pontificale et impériale. Eneffet, il ne parle que des fastes des empereurs et desrois de l’Europe : « Reruin ab Europæ imperatoribus« ac regibus gestarum. » Voici le titre de son premierchapitre : « Quis ea tempestate papa et qui principes« terræ. » L’Italie éclaire le tableau; mais son im-portance tient à Rome , nullement à Pavie, à Spo-levi ou à Vérone. L’historien subordonne tout à l’ac-