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DES ROIS ITALIENS. 211
Voici les règles, à notre avis, pour la lecture deLuitprand.
I. Laissez là les élégies royalistes et les plaintes poli-tiques sur le sort de l’Italie. L’Italie ne les accepte pas :elle marche droitàsonbutsansse tromper; elle trompeplutôt. C’est à tort qu’on lui souhaite sans cesse laforme de l’unité, de la monarchie, de la civilisation :l’unité aurait coupé à sa racine le grand arbre de lacivilisation, l’indépendance aurait anéanti la supréma-tie italienne ; la révolution en progrès réclamait à toutprix l’avénement de la fédération.
II. 11 est facile de prêcher l’union et la concorde àtoute une nation; il est encore plus facile d’expliquerla discorde en prenant à parti le libre arbitre, et enmettant en cause la perversité personnelle de tout unpeuple de factieux. Toutefois l’union et la concordedoivent commencer dans l'esprit de celui qui les prê-che. Veut-on plaindre l’empereur Lambert assassfnédans les bois du Tessin? il faut combattre son adver-saire, il faut suivre la conquête de Spoleti quand elleécrase Rome, quand elle combat Béranger, quand elleconspire avec la Toscane, quand elle aboutit à Hugode Provence. Veut-on regretter l’empereur Béran-ger 1er? n faut le suivre quand il combat Gui et Lam-bert, quand il appelle la conquête allemande d’Arnol-phe, quand il soudoie les Hongrois, quand il appuiel’aristocratie romaine qui emprisonne les papes, en-fin quand il renaît dans le second Béranger avec la pro-tection de l’Allemagne. Etes-vous pour l’Église? pas de
; tendresse pour les rois, pas de concessions aux élus de: Pavie : la corde, le poignard, tout est permis contre le| tyran d’Italie, et si on excepte Gui qui meurt à propos,tous les rois sont tués, chassés ou détrônés. Êtes-vous