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Tome premier.
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CATASTROPHE

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ainsi qu’il critique, qu’il raille, qu’il déchire par deslamentations, par des satires, tout ce qu’il rencontre ;chez lui, pas un mot qui ne tourne à la plus grandegloire de la papauté et de l’empire, sans que très-sou-vent il s’en doule lui-même.

L’histoire est enchaînée au récit de Luitprand, uniquemonument de l’époque; on ne saurait s’en écarter sanstomber dans la ficlion. Il va sans dire que les écrivainsde l’Église n’ont pas manqué de l’accepter à la lettre,trouvant un thème tout fait pour la rhétorique cléricale.Ces doges qui empoisonnent les papes, ces rois quis’entre-détruisent, ce royaume étayé d’espions et deHongrois, ne semblaient-ils pas propres aux démonstra-tions de la nécessité éternelle de l’Église pour sauverl’Italie? En vérité, l’érudition ne crie pas au miracle,elle signale des lacunes, des contradictions ! L’bistoiredes rois italiens semble bien bizarre; mais après toutl’érudition s’occupe de choses curieuses, et elle laissele monde aller son train. L’école libérale s’est trouvéesur un mauvais terrain. On connaît sa manie; il fautqu’elle subordonne tout le passé du genre humainau quart d’heure de sa politique courante. Au nomd’une sage liberté, d’une religion tolérante, d’un justemilieu entre le oui et le non, comment s’orienter entreles dogaresses et l’Église, entre Rome et Pavie? C’é-tait difficile, et on s’en est tiré, comme dans tous lesmauvais cas de l’histoire, en versant des larmes inin-telligentes sur l’incroyable va-et-vient des conspira-tions italiennes. Luitprand a été dénaturé; ses passa-ges obscurs ont été enjolivés; on a plaidé à l’avenantla cause des deux Bérangers ; on a répété sous une autreforme la vieille apologie des Longobards.