DES ROIS ITALIENS.
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sionnaient pour sa dynastie. Voilà l’apologie du roi.C’est l’apologie du tyran qui trompe les peuples, duchef qui écrase les provinces, du dévastateur civiliséqui s’élève par les coups d’État et' les surprises sur laruine de toutes les libertés. Si l’Église le proscrit, cen’est pas une raison pour que la philosophie le dé-fende.
IV. On ne saurait non plus condamner Luitprandquand il sacrifie les doges de Rome. Les noms dedoge et de république ne doivent pas nous imposer,ne savons-nous pas que la république peut être le piredes gouvernements? Les doges de Rome sont les enne-mis du peuple, les chefs de l’aristocratie; avec euxl’iniquité des rois se reproduit sous la forme encoreplus hideuse de la raison d’Etat byzantine ou véni-tienne : plus de lois, plus de vérité reconnue, aucuneidée qui règne, hormis le bon plaisir d’un chef quiaffecte de penser pour insulter la pensée. Il fallait quela distinction des deux pouvoirs fût sauvée à tout prixpar le triomphe de l’Eglise. L’Eglise au moins était cequ’elle paraissait être, et, quelle que fût l’ignorance deson chef, elle était toujours désarmée.
V. Luitprand ne peut être suppléé, corrigé, com-menté que lorsqu’il s’agit de l’analyse de la révolution.Alors il est l’homme des symboles et courant après ledrame extérieur des événements, il oublie les causes,qu’il place dans un monde imaginaire, à la merci duhasard et du libre arbitre; il suit la vérité comme sielle était une fiction, un roman, un drame fantastique,se développant par des révolutions extravagantes. C’està nous d’analyser le mouvement dans sa continuité etsur son véritable terrain ; ici l’importance des chefsdisparaît : papes, empereurs ou rois, ce ne sont que les