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Tome premier.
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CATASTROPHE

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ministres accidentels de la fatalité. C’est la révolutionqui décide de tout par les masses ; elle se développe parla force inconnue des marches, par la nécessité irrésis-tible delà géographie politique, et c’est elle qui imposeaux marquis autant d’évolutions qu’il en faut pourdécentraliser le royaume. Rejeté de Vérone, à Spoleti,à Ivrée, le royaume écrase tous les centres qu’on luidonne, et finit par céder la place à la fédération qui lejoint à l’Allemagne.

VI. Luitprand accuse l’Italie de corruption : habituéau sermon, le bon évêque, dénonce les mauvaisesmœurs de Théodora, deMarozia 1 , d’Hermengarde, deHugo, et se déchaîne contre l’impudent libertinagede tant de chefs. C'est à nous à remonter aux causes.D’où venait le libertinage? De l’aristocratie, des roya-listes, ou de la nécessité de profaner l’Église pour fonderle royaume. Tout adversaire de l’Église se trouvaitpoussé à l’exagération qui s’oppose à l’ascétisme ;l’immoralité s’ajoutait à l’injustice; on résistait à laVierge par Vénus : la débauche est la philosophie dudespotisme. Quant à la corruption purement politique,elle était dans la tradition royale, qui se raffinait à forcede ruses et de calculs, pour se soutenir, et se refairesans cesse au milieu de la révolution qui la dissolvaitau nom de l’Église et du peuple. Ici Luitprand doitencore être suppléé. Comment conspirait-on ? Par lacoalition de plusieurs marches contre une seule ou contreun roi prépondérant, et on choisissait un prétendant aunom de la liberté, de l’équité, de la justice; on sedonnait des poignées de mains, on s’embrassait; Liiit-

1 « Luitprand dit de Théodora « ut ejus vita testatur meretrix« impudentissima. »—Il dit de Marozia que Hugo « ad prædictæ« Marotiæ merelricis talamum declinavit. »