220
CATASTROPHE
« gens; » il eslhaïdu chroniqueurclérical, qui l’appelleambitieux, voleur, dévastateur des biens des moines 1 .Dans l’ère où Rome devient laïque et profane, Capouedouble son étendue. Athénolfe l’Impie, a mirifice re-« gens, » s’empare deBénévent, Landolfe II est nommépatricien, les comtes de Capoue devenus Grecs, pren-nent l’initiative de la ligue générale contre les Sarrasinsdu Garigliano, rempart désormais inutile contre l’Italiepontificale et impériale. Dès 908, poursuivant la penséede la ligue, ils entraînent dans une même alliance Na-ples, Gaëta, les Grecs de Byzance, l’empereur italienBéranger Dr, et Jean XI; et, huit ans plus tard en916, les Sarrasins sont exterminés. En 921, Capouecommence une guerre acharnée contre l’empereurd’Orient pour s’emparer de la Pouille et détruire le pro-tectorat byzantin, désormais inutile, à son tour, commecelui des sarrasins depuis que Rome est arrachée à larévolution pontificale.
Si l’on compare l’impiété de la véritable Italie aveccelle des républiques byzantines, on verra que, mêmedans cette nouvelle phase, la séparation des deux pou-voirs donne une élévation supérieure à la vraie Italie.Les rois de Pavie restent toujours à côté de la loi ; Guitrompe l’Église sans que l’on entende sa voix, Béran-ger II opprime le clergé, sans que l’on sache comment.A Rome, les deux grandes dogaresses se dessinent avecune correction et une profondeur de caractère qui lais-sent des souvenirs ineffaçables. On les voit calmes,belles comme Junon, dirigeant les papes du regard;autour d’elles toute l’Eglise continue ses psalmodies etses rites; le peuple reste dans la divine comédie de la
1 Ambitiosus et rapax bona monachorum perunivcrsum diripiens.