de‘l’église avec l’empire. 237
£ à rassurer Othon III. II ne peut tenir contre la haine quidéborde; on le voit occupé à prévenir un nouvelle in-surrection, il entoure Rome de villes hostiles , de com-munes privilégiées, il songe à l’isoler en lui enlevantses juridictions, son influence, son terroir; il ménageTivoli, et l’insurrection romaine éclate contre l’empe-reur, qui ne doit son salut qn’à la vitesse de son cheval.Mais la haine le poursuit dans son palais de Ravenne,il est déchiré par les remords. Saint Romuald ne cessede lui reprocher les meurtres de Rome; enfin il tombemalade et meurt empoisonné, dit-on, par Stéphanie,veuve de Crescentius. Les Allemands groupés autour deson cadavre sont pourchassés par les insurrections etne sont rassurés qu’en arrivant à Vérone ; un frisson dedouleur parcourt l’Italie. On pleure sur le sort deRome, on pense à la grande injustice de la justice: nouvelle. Sous la triste impression du règne d’Othon III,5 le roi Ardouin se présentait à Pavie et combattait les' évêques, mais la révolution le renversait, le jetait dansun couvent, le montrait plus inique que l’empereur,et la nouvelle liberté se trouvait réhabilitée par l’em-pereur saint Henry II d’Allemagne. Rome seule gémis-sait et son gémissement arrive jusqu’à nous par Benoîtde Saint-André. Rude, grossier, compilateur ignorant,' ne dédaignant pas les fables, il parle avec un accent devérité qui saisit quand il pleuresur Rome écrasée parla; maison de Saxe. O Rome, dit-il, combien de fois n’as--’tu pasétéopprimée et foulée aux pieds! et tu asété prisejpar le roide Saxe, et les peuples ont été transpercés, et ta|puissance est détruite; ton or et ton argent s’envolentj dans la bourse des barbares ; tu étais mère et mainte-tnant tu es fille, tu as perdu tes trésors, on t’a spo-liée, on t’a violée, toi qui avais trois cent quatre-vingts