290 LA RÉVOLUTION' UES EVEQUES
le patriarche Berthold fonde le sénat d’Udine, composéde quatre-vingts nobles; en 1338, le patriarche Ber-trand ajoute au sénat le grand conseil d’Udine (Arengo),composé d’un représentant par famille (per casa ) etdestiné à gouverner la ville, en déléguant le pouvoirexécutif à des députés. Bertrand conçoit aussi le plan detransporter tout le peuple d’Aquilée dans sa nouvelle ca-pitale ; mais il est assassiné par la noblesse alarmée quise lève à la suite du duc de Carinthie. Son successeur,poursuivant le plan de transplanter Aquilée, adresse aupontife une demande signée par les évêques de Vi-cence, de Concordia, de Cittanova, etc. « Sa supplique,« dit Palladio, montrait la désolation d’Aquilée, l’air« pestilentiel du pays vicié par les inondations, par les« terres incultes, par la solitude, de sorte que, non-« seulement les habitants, mais les voisins eux-mêmes« émigraient... Sans peuple, avec des maisons en ruine,« la ville se trouvait exposée à toutes les attaques des« étrangers, tandis que Udine était la ville la plus im-« portante de la province. Agréable, fertile, très-habi-« tée, elle jouissait d’un air excellent; entourée de« remparts, riche en églises et en monastères, les pâ-te Marchés y siégeaient, la noblesse et le commerce y« affluaient également. » On le voit, quoique le patriar-che fût Je chef féodal du Frioul, la nécessité de résisterà la noblesse le forçait de marcher à la tête du peuple,et il se servait de son autorité féodale pour soutenir larévolution épiscopale.
Bellune nous rappelle la constitution du premierpeuple dans sa simplicité primitive. On l’y voit appa-raître dix ans après la chute du royaume. SuivantPiloni, l’historien de Bellune, il était composé dequatre familles privilégiées > les Bernardi, les Cash-