304 LA révolution des évêques EN TOSCANE, EN SAVOIE,
donne le signal à toute l’Italie, qui conquiert chaquejour de nouvelles immunités. En 1038 arrive le chocdes révolutions de Milan, de Plaisance, de Brescia, deVerceil, etc., qui se heurtent contre l’Église et l’empire.Après 1038, les dates de la révolution épiscopale n’at-testent plus que la continuation du mouvement victo-rieux et se confondent avec les dates des événementsd’une époque ultérieure. Plus tard encore, la révolu-tion est oubliée, et n’apparaît que dans les lieux attar-dés où les idées s’immobilisent, comme dans le Frioul.Écartons les dates postérieures au choc contre l’em-pire, prenons la moyenne entre les années extrêmes de962 et de 1038, nous aurons l’an mil comme date géné-rale de la révolution. On croyait, d’après la Bible, quele monde finirait en l’an mil; le x e siècle vivait toutentier sous la terreur de cette mystérieuse catastrophe,et ce fut le vieux monde des comtes qui tomba pourfaire place à l’ère nouvelle des évêques.
La date est fixée; à partir de l’an mil l’idée épiscopaledomine tout, partout son calque se répète avec des cou-leurs variées sur les matières les plus diverses pourexpliquer toutes les nouvelles dominations qui surgis-sent. Certaines régions ne peuvent abattre le chef féodalsans se désarmer, se décomposer et se perdre; là lechef féodal survit en devenant l’instrument de la révo-lution, et de nouvelles familles s’élèvent au milieu descatastrophes de la noblesse en se jetant à corps perdudans le parti de l’Église. «
La plus puissante est celle de Canosa, près deReggio, dans cette grande forteresse de Canosa, le der-nier refuge de sainte Adélaïs, le point d’où partait ledernier coup qui frappait le royaume. « On m’a entou-« rée de tours, dit la forteresse dans la chronique de