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Tome premier.
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305
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DANS LE MONTFERRAT, EN CORSE ET EN SARDAIGNE. 305

« Donizon, pour que je puisse braver la colère des rois;« c’esi moi qui ai perdu Béranger et son fils. » Depuisla chute du royaume, la famille de Canosa grandit; en1004, Thiebaud a le titre de marquis; en 1015, son filsBoniface règne sur Ferrare et continue à s'étendre.Comment? Au nom de Dieu et du peuple, en protégeantles églises qui lui inféodent d’innombrables villages etchâteaux à Reggio, à Modène, à Ferrare, à Mantoue ; ilemporte les villes et se développe en soulevant toutesles haines féodales, « invidiam sævam Longobardo-rum comitum. » Partout il empiète sur les vieillesjuridictions du royaume. En 1023, une vaste réactionl’attaque « ex toto regno; » mais il l’écrase par unevictoire sanglante, et, en 1027, il se jette sur le mar-quisat royal de Toscane, qu’il subjugue en s’éten-dant au loin, dans l’Ombrie, jusqu’à Spoleti. La villeroyale de Lucques, qui cesse d’être la capitale de laToscane, voit sa centralisation longobarde brisée etremplacée par le rayonnement ecclésiastique de Man-toue : tout le monde veut être au nouveau marquis, etla chronique le proclame un jeune Daniel, ayant laprévoyance de Joseph, l’épaule de Saül, la force deGoliath, la sagesse de Salomon ; il est riche, pacifique’« locupletem, paciflcum; » la sibylle a prédit sa fortuneen parlant de l’an mil « de Clirislo judicioque finequemundi, » de Jésus-Christ, du jugement et de la fin duroyaume. Pour montrer l’action épiscopale de Bonifacedans cette profonde obscurité de la barbarie et de lareligion, nous n’avons pas seulement la chronique deDonizon, nous avons encore le silence même des chro-niques, Dans les villes soumises à Boniface, il n’y a pasde révolutions épiscopales, les peuples ne s’insurgentpas contre les comtes, les comtes s’elfacent comme part. i. 20