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LA RÉVOLUTION DES EVEQUES
byzantine', se lève, sombre et déterminé, pour géné-raliser, dans tout le Midi, l’insurrection de Bari.
Mais le peuple du Midi est mobile, et il glissedans le sang toutes les fois qu’il se lève. N’ayant passéparé le pouvoir spirituel du temporel, étranger à lagrande création de la papauté, sa révolution ne peutcompter sur les évêques, tous soumis aux doges, auxcatapans et aux empereurs de Byzance, et sa liberté nepeut engager la lutte ferme, franche, positive des villeslombardes qui marchent avec l’inviolabilité du clergécontre la barbarie féodale. Le sol même est livré à unecontradiction fatale. A Bari la révolution chasse lecatapan, à qui la ville doit sa prospérité et son rangdecapitale. Si Bari voulait imposer son mouvement,Naples, Sorrente, Gaete, Bénévent, Salerne, provincesdisséminées et presque indépendantes, s’uniraientcontrela prétendue capitale pour lui opposer les Grecs lointainsde Byzance. Réciproquement si le mouvement partaitdes provinces, les difficultés se reproduiraient en sensinverse ; Bari, condamnée à déchoir, à ne plus être quel’égale de Gaëte, de Reggio, de Tarente, deviendrait lapremière ennemie de toute fédération libératrice, dût-elle revenir à la domination du Catapan, au despotismebyzantin. Enfin, qui s’insurge à Bari ? Les nobles oule peuple? Le peuple doit préférer la tyrannie uni-que du Catapan à la tyrannie multiple et fractionnéedes nobles; mais si l’insurrection est démocrati-que, les nobles doivent préférer la dureté domesti-que du Catapan à l’insolence de la plèbe victorieuse.L’insurrection de Bari reste donc isolée, aucune ville
1 Barensium civium immo totius Apuliæ primus et clarior eratslrenuissimus valde et prudentissimus vir. (Léo Ost.)